Il y a 4 mois, je fus invité à l'ouverture d'un restaurant japonais rue de Ponthieux à Paris. Soirée très sympathique. Alcool, electro et gens accueillants. Vers minuit, je m'arrête de danser quelques secondes pour remplir mon verre. Je suis déjà bien amoché. Sur la table, plus grand chose de liquide, je remarque une grande blonde, debout juste à coté de moi. Me voyant le verre vide à la main, elle partage le contenu de son gobelet avec moi par pure gentillesse. Touché, je propose de l'embrasser sur la joue pour la remercier. Elle accepte, je l'embrasse. Plus tard, elle danse avec ses copines, je danse avec mes copains, elle danse avec ses copains, je danse avec mes copines. Nos regards se croisent de temps en temps, je grimace, elle sourit, je tripote sa queue de cheval, elle sourit. Plus tard encore, elle est sur le départ. Je lui demande dans quel endroit elle a l'intention de finir la nuit. Au Neo. J'adore, ça tombe bien. Mes amis moins. Ils veulent aller chez Régine. Je les persuade d'essayer le Neo. Une copine qui nous accompagne, bourrée, nous ferme définitivement les portes du lieu. Le physio aux cils albinos n'aime pas trop le vocabulaire de celle-ci. On finit chez Régine. Je comprends que je ne reverrai jamais la blonde. Vers 3 heures du matin, je me rabats sur une autre blonde.

Il y a une semaine, sur myspace.com je reçois un mail. Une fille, 22 ans, vivant à Paris me demande : "On se connait? Ton visage me dit quelque chose. Paris Paris?" Je réponds que non et que je ne suis pas un habitué du club. On échange plusieurs mails, elle est amusante, percutante et jolie. On se voit, on dine dans un japonais dans le marais. Elle est toujours persuadée de m'avoir déjà vu. Moi non. Vers mon septieme sushi, une fille passe entre les tables et y pose des objets accompagnés d'une carte. 3 euros le gadget. Un revolver briquet/laser fait le bonheur de ma camarade. Son porte-feuilles sorti, elle en profite pour me montrer des cartes de visite de restaurant qu'elle affectionne. Parmi elles, le Naka. "C'est le restaurant d'un pote ". Je regarde la carte qu'elle me tend. Restaurant de cuisine traditionnelle japonaise, 40, rue de Ponthieux. Masquant à peine mon enthousiasme je prononce alors cette phrase qui - je le savais - allait nous rendre euphoriques : "Par hasard, tu ne te serais pas rendue à la soirée d'inauguration de ce resto, il y a quatre mois?"