Au Post It, Danny Wilde est une icône. Styling impeccable, belle voiture, et sens parfait de la drague. Le héros de la série Amicalement Votre avait une facilité déconcertante pour aborder en complète désinvolture la première femme venue. J'aimerais bien pouvoir l'imiter, mais j'ai un sérieux doute sur mes chances de réussite en balançant des âneries navrantes au premier top model en bikini que je croise. Parce que mine de rien Danny disait de sacrées conneries.

Harry est Danny Wilde. Il s'habille bien et il a une belle voiture. Et surtout il trouve toujours la phrase idiote qui fera sourire une femme. Harry aime faire sourire les femmes, toutes les femmes. Je l'ai vu à l'oeuvre aussi bien sur une élégante du XVe perdue sur la pelouse de Breteuil que sur une rougeaude serveuse normande à l'age plus qu'avancé.

Hier c'était bien parti: il s'est fait la main sur deux malheureuses autostoppeuses en partance pour Taizé, qu'il a réussi à faire rire tout en se foutant d'elles. Puis nous prenons la route pour une chevauchée sauvage au volant de roadsters d'une autre époque dans la campagne parisienne. Au ravitaillement, dans un village dont nous tairons le nom par pudeur, il commande un jus de tomate et moi un diabolo menthe. La serveuse est féline, ses muscles secs jouent sur son bras. Elle est pas trop mal même si ses traits sont marqués par un bronzage bien peu naturel. Harry ne peut s'empêcher de glisser un commentaire. "Ah vous faites du culturisme, vos bras sont sublimes". La serveuse sourie, une pointe de gêne vite effacée "Non, non..." et c'est tout.

Nous sortons, en terrasse. Harry est embêté. "Viktor, tu sais, elle ne fait pas de culturisme", silence, "c'est un travelo". Nous finissons nos boissons et nous reprenons la route. Cheveux au vents, narines gonflées... Dimanche touche à sa fin. Au moins nous avons bronzés un peu. Une journée ordinaire somme toutes.