Vendredi soir, je suis passé au Bus Palladium voir les Hey MyMy en concert.

Je n'écoute pas de rock. J'accompagnais surtout une amie. Mais j'étais aussi très curieux de voir en concert un groupe que j'avais découvert sur myspace. Voir ce que ça donne sur scène un petit groupe myspace. Comme ça, par curiosité. En fait, je suis surtout fasciné par le paysage rock actuel, cette grosse mode du rock qui est revenue depuis quelques années, le nombre incalculable de groupes qui essayent de percer, cette espèce de microcosme rock qui en fait touche bientôt autant de monde que la Star Ac'. Ce paysage s'étend de la petite salle de concert underground au magasin glam'rock genre Noir kennedy où tu achètes ton petit jean slim et ton teeshirt ACDC vintage. Le rock passe aussi par les boîtes de nuit les plus branchées (PARISPARIS), lesquelles organisent quelques concerts en semaine, histoire de marquer leur avance stylistique et de satisfaire leur clientèle Paris 16ème neopunk.

Bizarre de voir ces petits groupes au public limité à quelques parisiens utilisateurs de myspace, singeant le groupe international aux millions d'albums vendus. On se la raconte sur scène devant quelques potes qui hurlent ton prénom et quelques petites putes qui rêvent parce que tu as une fiche myspace attractive. On a un manager qui est juste bon à nous faire tourner dans des night clubs ou des bars lounge, mais qui se prend pour Andrew Loog Oldham. Qui utilise sa fiche myspace plus pour se dénicher des plans cul que pour dénicher une salle décente, mais tout va bien.

La musique n'est pas dégueulasse, c'est du rock quoi. Loin de moi l'idée de dénigrer ce courant musical, mais c'est juste que là, on est pas dedans. La salle du BUS PALLADIUM, plus proche de la boîte de nuit de province que du Carnegie Hall, n'a pas un son extraordinaire. Cela dit, le côté décalé du concert en boîte de nuit est interessant. Y'a du bon dans cette énorme boule à facette qui surplomble les musiciens.

Si ces musiciens vivaient une passion à travers cette musique de proximité, si ces musiciens se contentaient de jouer le soir ou le week end plutôt que d'aller au match de foot, tout ça serait si poétique. Mais là non. Derrière cette façade, on sent la prétention, l'envie d'être LES nouveau Artic Monkeys. C'est ça qui me gêne.

Tout ce magma rock n' roll est super bizarre. Limite malsain.

Dans quelques années, ça sera fini. J'espère qu'il ne restera que les slims, parce que quoi qu'on en dise, c'est super stylé comme jean.


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