Alors que certains allaient se régaler de sushis près d'Opéra, je suis allé rejoindre Pierre et ses amis au salon des antiquaires et créateurs à la fontaine du Trocadéro. Sur le chemin, je croise une belle blonde aux collants gris à qui je propose de m'accompagner. Elle accepte. Sous l'énorme chapiteau dédalesque installé face à la tour Eiffel, l'ambiance est très bourgeoise. Ca tombe bien, j'ai mis une cravate, un slim et des gants en cuir. Même si le tout est quand même un peu kitschouille, certains gros stands sont magnifiques. Chez certains exposants on se croirait dans le palais de Gianni Versace, chez un autre c'est Byzance, il y a du sable sur le sol avec des débris de verre, les gens qui quittent ce stand laissent des empreintes blanches sur la moquette noire, j'aime assez ce concept. Moquette d'ailleurs perforée par le talon de la blonde qui m'accompagne. Un peu maladroite, souvent au téléphone, mais quand elle me regarde j'ai des papillons dans le ventre. Alors on poursuit la visite ensemble...

J'ai un coup de coeur pour le stand de la galerie Olivier Watelet. D'abord parce que c'est le stand d'un client et que je suis content de voir en vrai les pièces que je vois en photo depuis un an.

Ensuite parce qu'ils exposent deux pièces absolument fabuleuses. Deux miroirs très particuliers. L'un rond l'autre rectangulaire. L'art cinétique au service du design du milieu du 20ème siècle. Impossible à prendre en photo ces objets car ils fonctionnent selon le principe de deux miroirs face à face qui projètent une image à l'infini et donc créent une impression de profondeur là où il n'y en a pas. L'image projetée est celle de plusieurs dizaines de petites lampes montées sur la périphérie intérieure du cadre. Ainsi, quand vous regardez le miroir rond, vous avez l'impression qu'un cylindre lumineux s'enfonce dans le mur. Un autre de ses miroirs a été vendu le mois dernier à New-York pour 45 000 dollars. Je suis fan, j'en veux un.

On vide une coupe de champagne tièdasse sans bulles que l'on dépose au pied d'un palmier, je libère la fille aux collants gris, Je salus Pierre, Guillaume et Mohamed puis je grimpe sur mon petit nuage qui me ramène chez moi en traversant le champ de Mars.


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