Hier, sur le quai du métro ligne 10 station Mirabeau.

Une espèce de gros kéké attend à côté de moi. 26 ans peut-être, un peu obèse déjà, un bouc/moustache dégueulasse, les cheveux rasés, une veste Carhartt à capuche, un jean large à la coupe abstraite, des baskets à mi-chemin entre les AIRMAX et la pompe de skateur, des écouteurs dans les oreilles et biensûr la petite saccoche en bandouillère. De l'autre côté, une jolie fille avec son sac de sport. Un métro vide passe, il se lève croyant qu'il allait s'arrêter. Voyant qu'il se retrouve debout comme un con, il fait genre je fais un tour sur le quai. Il pense ne pas perdre la face, fait le gros dur, mais son mètre soixante cinq n'impressionne personne. Il me frôle, je déteste. Il mate comme un gros porc la nana au sac de sport. Je déteste. Je pense qu'il se trouve beau. Il reste debout lègèrement devant moi. Cette fois le métro est bien là. La fille entre en premier, s'installe sur un strapontin. Le tocard en deuxième et se poste pile en face d'elle. J'entre enfin, marche sur le pied du mec - "pardon" - et m'installe plus loin face à lui. Je le regarde faire. Pendant les 10 minutes du trajet, il n'arrête pas de la fixer. Dans ses yeux je vois du désir mélangé à de la frustration. Beaucoup de fierté aussi, on se demande pourquoi. Au bout d'un moment, la fille n'ayant même pas remarquée qu'il était là, son regard se transforme un peu. Ca devient pathétique. Il devient implorant. "S'il te plait, regarde moi. Juste une fois..." Mais tu crois que quoi gros con? Que tu vas te taper une nana comme ça? Parce que tu vas la regarder avec ton plus minable regard de braise? Tu n'as toujours pas compris qu'elle se fait mater comme ça 200 fois par jour? Quelle prétention de ta part d'oser la regarder. Avec ta dégaine, tu ne devrais même pas être autorisé à sortir de chez toi. Ce soir, comme les précédents, tu regarderas un film de cul en te masturbant. Au mieux, tu iras aux putes le week-end prochain.

Dans certains pays, les mecs ne regardent pas avec insistance les filles dans la rue. Ils ne sifflent pas, n'aspirent pas de l'air en serrant les lèvres, n'emploient pas le mot charmante.


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