Tu es tellement mignone assise sur ton tamtam, les jambes croisées, les bras appuyés sur tes beaux genoux. Tu me rends le briquet que je t'ai donné pour que tu allumes ta cigarette. Je l'ai pris sur la table devant moi et je te l'ai tendu machinalement, sans prendre le temps de te regarder. Maintenant, je te vois mieux. Tu es une brune magnifique avec de grands yeux noirs. Mais tu as l'air si triste. Tes yeux sont humides, je n'arrive pas à savoir si tu pleures ou si tu souffres de la fumée. Je te demande si ça va et tu me souris en répondant oui. Tu as sans doute aimé mon air blasé car tu ne cesses plus de me regarder. En tout cas, à chaque fois que je tourne la tête vers toi nos regards se croisent. Notre entourage s'en rend compte. On me fait la remarque. Quelque chose est en train de se passer. Mais je pense à une autre qui ne pense pas à moi. Je n'ai même pas la force de faire ce que tes yeux réclament. Je préfère la fuite. En quittant la table, je fais quand même glisser le petit briquet noir et blanc jusqu'à toi. Petit présent pour me faire pardonner de n'avoir rien fait.


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