Je n'en peux plus. Je voudrais déjà être à Bondi Beach en train de waxer ma planche. J'ai honte de la tournure que prend la campagne électorale. J'essaye de ne pas y penser, de ne pas m'y interesser, mais comment faire autrement? C'est aussi irritant que de baiser sur une plage. On se rend compte trop tard que nos couilles ont frottées sur le sable pendant 30 minutes.
L'affaire du scooter. L'affaire du patrimoine. L'affaire des RG. L'affaire de la bravitude. L'affaire du Québec... Comme c'est sympathique. A chaque fois, un des deux candidats perd un peu plus en crédibilité.
Exemple :
L'affaire des sous-marins nucléaires. Royal a très mal réagi au piège de Jean-Jacques Bourdin. Elle se comporte comme un gosse qui n'a pas appris sa leçon, qui est interrogé par la maîtresse de classe, qui sort une ânerie pour tenter sa chance (sur un malentendu ça peut passer), puis rit quand il s'aperçoit que c'est faux. Est-ce que Ségolène rédige aussi son programme le matin avant les cours? Ou plutôt pendant la récréation en copiant sur ses camarades?
En face, et pour comparer les styles, Sarkozy vs Lepen. Observez comme Nicolas élude avec brillo la question de son adversaire. Son ignorance passe comme une lettre à la poste. Personne ne relève.
Là, l'article de Daniel Schneidermann (Arrêt sur Image) tombe à point nommé.
J’ai beaucoup résisté à la tentation de voir Bécassine sous Royal. J’ai résisté à la bravitude, à la Justice chinoise, au Québec, à la Corse. Tout celà, ce sont à mon avis des faux procès, montés en mayonnaise par l’adversaire. Mais les sous-marins nucléaires ont eu raison de ma résistance. J’ai vu et revu cet extrait de télévision avec Jean-Jacques Bourdin, sur RMC. Je ne suis pas seulement choqué que la candidate ne connaisse pas exactement le nombre de SNLE dont dispose la France, encore que ce soit tout de même son coeur de (futur) métier. Je suis choqué qu’elle ne l’avoue pas. Je suis choqué qu’elle ne renvoie pas Bourdin dans ses cordes. Si elle ne connait pas ce nombre, parce que cette connaissance ne fait pas partie de sa conception du job, si elle a théorisé cette incompétence, après tout pourquoi pas, mais qu’elle le dise. Sinon, la seule conclusion à en tirer, c’est qu’elle ne bosse pas.
Je dirais même qu'elle n'a pas l'étoffe d'un président. Pas assez de répartie, pas assez de sang froid, pas assez d'aplomb, pas assez de confiance en elle.
Dans quelques mois, grâce à ces "affaires", on va voter pour José Bové.
Et le plus beau dans tout ça : l'hypocrisie insupportable du pacte écologique.
Y'a-t-il eu un seul candidat assez honnête pour dire "Mais j'en ai rien à foutre de ton pacte Nicolas! J'ai mes propres solutions sur le sujet de l'environnement, je ne t'ai pas attendu pour m'y interesser."
Là non. Tous, ils défilent et viennent signer le pacte. Aucune opposition, aucune réticence. C'est comme rédiger le communiqué sur la mort de l'Abbé Pierre. Faut le faire, sinon tu passes mal.
"A 10H00 je signe le pacte écologique, à 11H00 je passe déposer des fleurs sur la tombe de l'Abbé Pierre, à 12H00 je rempli ma grille de Kéno".
A qui Nicolas Hulot veut-il faire croire l'importance de son pacte? Un matin, Patrick Lelay appelle Hulot : "Nicolas, il va falloir arrêter ton cinéma politique, tu fais de l'ombre aux candidats. Sarkozy nous a dit que ça avait assez duré. Si tu continues, c'est fini les ballades en canoé en amérique du sud aux frais de la princesse. Mais ne t'inquiète pas, ils vont réflechir à une solution pour que tu ne te grilles pas..."
Comme j'ai hâte que ce soit fini!
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