Je vais vous raconter une petite histoire, l'histoire d'Anne-Céline.

Anne-Céline, qui déjà a un prénom bien minable, mais ce n'est pas de sa faute, est étudiante en communication à Paris. Là, c'est de sa faute et déjà un petit sourire se dessine sur mon visage. Oui, les écoles de com', ça me fait sourire. Quand je dis que c'est de sa faute d'être dans une école de com', je me trompe. Si j'étais plus consciencieux, je dirais que là aussi ce n'est pas de sa faute. Et oui, que faire d'autre quand on est une parisienne un peu flemarde, trop gatée par des parents bourrés de fric? Avec une telle éducation, on en vient forcément à de telles extrémités...

Mais ce n'est pas le sujet de ce sujet. Je veux vous parler de la naiveté extraordinaire d'Anne-Céline. Cette naiveté qu'il n'est possible de développer que dans un appartement de plus de 50 mètres carré à Saint Germain des Près, avec tous les à-côtés que cela implique.

La scène se passe à bastille.

Un jeune homme est venu me demander mon portable pour appeler un ami qu'il attendait depuis plus de trois heures. Mais je n'avais plus de batterie ni de carte téléphonique. Il avait l'air plutôt gentil et des policiers patrouillaient à côté. Je lui ai donc prêté ma carte bleue pour qu'il téléphone dans une cabine.

Un coup d'oeil par dessus son épaule pendant qu'elle compose son code et le tour est joué. L'homme lui rend alors une autre carte bleue, sans qu'elle s'en aperçoive. En l'espace de dix minutes, Anne-Céline a été débitée de 600€ sans avoir eu le temps de faire opposition.

Merci 20 minutes pour ce petit conte si succulent. J'en ris encore.

Photo : Loretta Lux


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