On oublie tout. On oublie le cycliste éclaté sur le pare-brise de la BX, on oublie le pote défenestré, on oublie qu'on a joué à touche pipi avec le voisin, on oublie l'humiliation d'une conférence de presse qui tourne mal, on oublie la perte instantané de 3000 euros, on oublie ses amis, on oublie ses aïeux sans qui on ne serait même pas un concept, on oublie la fille dont on a avalé la cyprine pendant un an, on oublie que nos parents se sont saignés pour nous, on oublie de payer l'hospice où nos parents sont en train de moisir (ceux qui se sont saignés pour nous), on oublie notre gueule enfant, on oublie le chat mort depuis 2 semaines, on oublie de relever la lunette des toilettes, on oublie son gosse dans un supermarché, on oublie comment finit ce putain de film, on oublie de rappeler, on oublie de se lever. On oublie tout et c'est pas grave.
Mais surtout, il ne faut pas oublier que lorsqu'il a été retrouvé tout électrique au bord de sa baignoire, Claude François avait un gode dans le cul.
Elles se hissent difficilement dans le métro, l'une est au téléphone, les deux sont obèses. Elles s'assoient, couenne à couenne. Entre 18 et 25 ans. Délicat de donner un âge à une fille dépassant les 90 kg. Un hymne à la vulgarité. Des cheveux massacrés par des dizaines de colorations et gélifiés à souhait. Un maquillage qui fait passer la Chapelle Sixtine pour du Malévitch. Les lèvres sombres, presque noires, et sous cette épaisse couche d'enduit, une mauvaise peau très grasse sublimée par des vapeurs Mcdonaldiennes. Celle qui n'est pas en train d'hurler au téléphone se crève un bouton sur le menton, en toute simplicité. L'autre, donc, pousse des hurlements enthousiastes à chaque phrase de son interlocuteur, en accentuant le côté exceptionnel de la conversation par des gestes saccadés la main ouverte. Cette main, dont chaque doigt est bagué y compris le pouce, ressemble aux mamelles d'une truie ayant goûtés aux joies du bondage. Pauvres anneaux bon marché enlisés dans la graisse pour l'éternité. Bijoux de moignons, bijoux de sacs à main, bijoux de téléphones, bijoux de tromblons. On est autour du cou de Mister T. Le jean près d'éclater, les dindes se regardent en gloussant, le regard vicieux, heureuses d'étaler cette complicité exagérée et désespérée que développent les filles adolescentes que les garçons repoussent.
La morue est un poisson particulièrement maigre : elle apporte 120 Kcal pour 100 g de poisson. Cette même quantité ne contient par ailleurs que 1 g de lipides. La morue possède d’autre part d’excellentes qualités nutritives. En consommer régulièrement peut donc avoir des effets bénéfiques pour la santé. La morue contient notamment des acides gras de la famille des oméga-3. Ces derniers sont réputés favoriser une bonne santé cardio-vasculaire. Elle est également, comme tous les poissons, une très bonne source de protéines (27 g pour 100 g). Celles-ci sont nécessaires pour la santé des tissus, comme la peau, les muscles et les os. D’autre part, la morue est une très bonne source de sélénium, un minéral prévenant la formation des radicaux libres dans l’organisme. Enfin, elle vous apporte des vitamines, en particulier celles du groupe B. Même déssalée, la morue est riche en sodium (sel). Il est donc préférable de ne pas la pas consommer avec d’autres aliments très salés, comme le fromage.
Un Week-end autarcique, lubrique, pneumatique. Et ce matin l'envie de rester au lit encore plus forte que d'habitude. Au chaud, en caressant sa peau. Le trait que j'ai sous les yeux me rappelle ma scolarité pierre ponce. Elle m'a usé et rien apporté. Mes journées étaient plus longues quand j'étais gosse. Une succession de réveils à 6 heures, d'attentes dans la nuit froide, de prières pour que le cours finisse et de mauvais choix. Il y a deux semaines, ma mère m'avouait qu'elle regrettait de ne pas m'avoir mis à l'internat, 15 ans après.
J'aimerais brûler tous les collèges et lycées français. J'aimerais mettre à sac les bureaux de l'éducation nationale. Briser leurs ordinateurs à la massue. J'aimerais faire goûter le supplice du pal à ceux qui font que ce système honteux existe toujours. Tel Vlad Tepes, leurs faire comprendre centimètre par centimètre la monstruosité de la chose.
Musique : Breakin' OST, Kraftwerk, Tour de France.
Photo : Carl de Keyzer.
Llor en parlait dans les commentaires de ce sujet, c'est la nouvelle tendance, les artistes électro s'autoproclament POP. Le dernier son des Digitalism en est la meilleure preuve. Les allemands ont glissés de la Brandenburg Tor jusqu'à l'Abbey Road. J'exagère un tantinet, mais je suis franchement déçu, donc j'ai le droit.
Digitalism, Pogo (Radio Edit).
C'est à peine entrainant. C'est fadasse. Faut arrêter de mettre du beurre dans les bretzels comme on faisait à Tübingen, en glissant sur le Neckar... C'est bon mais c'est lourd. Après, on ne sait plus trop ce qu'on fait. On veut vendre des disques en grand nombre à la populace pour rouler en Audi RS4 avec des jantes alu ? Alors on fait de la soupe aux knodels fourrés à la merde comme nous a dit de faire Kitsune.
Pas facile de s'appeler Minnie lorsqu'on a réellement une tête de souris. Heureusement pour elle, l'actrice a des jambes extraordinaires, en bonne place dans le top 10 d'Hollywood comme en atteste cette photo...
Mardi, la mousse des vagues cassant sur le troisième récif de Pipeline rejoignait Pupukea. C'est très rare. Le grondement du shorebreak couvrait le V8 de ma AC Cobra. J'accélèrais plus fort. La ville subissait un flou directionnel parfaitement horizontal de vingt pourcent. Mon départ avançait en mai. Michel Ange avait les couilles de disséquer des macabés, seul, la nuit, dans la chambre mortuaire de Santo Spirito, juste pour mieux dessiner. Je devrais pouvoir pondre une toile ou deux pas trop mauvaises dans un salon chauffé et éclairé. Et toi, dans un mois, tu retrouveras le regard de tes 20 ans.
Ce matin, je me réveille au salon de l'étudiant, porte de Versailles, Hall 2.1.
J'y reste de 8H30 à 10H05. Au début seul parmi les prospectus, les plv et la moquette trop rouge, je vois petit à petit affluer ce que la France compte de mieux en matière de cul. Un flot ininterrompu de culs qui circule, s'infiltre entre les stands. On ne peut plus rien faire, on assiste, désoeuvré, au tsunami de la fesse.
Lycéennes, étudiantes, jeunes commerciales, 16-35 ans, le panel parfait. Un jean délavé, un slim noir, un pantalon de tailleur, tant d'emballages hétéroclites au but identique : se distinguer, nous faire bander. En face de moi, l'étudiant du stand de l'orientation déjà en train de trépigner, ses ongles s'enfonçant de plus en plus dans le bois de son pupitre. De l'autre côté, sur un stand informatique, la bave s'accumule sur un coin de lèvres, une goutte perle chaque fois qu'un petit cul passe.
Les gens outrageusement à la mode dont je parlais récemment écoutent évidemment tous la même musique. Il ne se sont plus à un consensus près. Le mimétisme stylistique se retrouve dans la musique et ce joli petit microcosme de la branchitude tourne en boucle. On multiplie les saillies consanguines au Paris-Paris, au Showcase, au Tryptique, à la Flèche d'Or ou au Point Ephémère.
Etre un rebelle à la mode. Voilà un beau paradoxe. A première vue, ça semble presque impossible, pourtant ils y arrivent. Les potions magiques à se verser dans les oreilles pour y parvenir se nomment Justice, Uffie, TTC, Kavinsky, DJ Medhi, Kitsune, Busy P etc. Distillé par myspace ou quelques blogs mp3, ce breuvage donne instantanément des supers pouvoirs. Tu deviens un fluokid, un edbanger, un cobrasnake. En gros, tu te transformes en un adolescent de 16 à 35 ans habillé comme Punky Brewster, qui agite son verre et sa clope en rythme avec la musique du jeudi soir au dimanche matin. Mais comme myspace et une multitude d'autres sites "branchés" ne te disent pas le contraire, tu penses être à la pointe alors que tu n'es ni plus ni moins qu'à la mode. Moi le premier, j'avais il y a encore quelques semaines des liens vers les sites cobrasnake, facehunter et edbangers record. Je me rends même régulièrement sur fluokids pour prendre quelques mp3 car c'est pratique mais en prenant bien soin de passer entre les textes ou les photos. Difficile d'échapper à ce phénomène à partir du moment où tu es sensible aux images et au son. C'est très séduisant. J'ai vu des gens qui n'ont rien à voir avec ce style basculer du jour au lendemain.
L'architecte principal de tout ça, Pedro Winter, est un génie du buzz. C'est lui qui a lancé les daft Punk. Son bras armé le plus doué est son graphiste : So Me. Une mécanique très performante qui joue sur des signes symboliques forts et primaires à la portée de tous. Combien de profils myspace avec la croix des Justice dans leur top friends? Presque à eux deux, ils ont imposés ce nouveau style qui cartonne sur la place de Paris et s'étend de plus en plus. Un groupe de potes, déconneurs, simples, cools, branchés, accessibles, à qui on peut s'identifier et même parler en boîte. Mais il faut ouvrir les yeux. C'est du business et la valeur ajoutée créative est faible. Remix de Sebastian, logos, flyers et clip de Kavinsky, ça s'arrête là. Le reste c'est toujours pareil, de l'electro répétitive estampillée "edbangers" pour oreilles pas trop chiantes. Justice n'a plus rien fait de bien depuis Never be Alone et pratiquement tous leurs morceaux sont des copies conformes de vieux morceaux inconnus du grand public. Comme leurs grands frères des Daft Punk, ils ont étendus la technique du sample à la copie pure et simple.
Exemple :
Justice - Phantom :
Et maintenant écoutez le premier morceau de cette compilation de musiques de films d'horreur TENEBRE...
Ne soyez pas choqués. Dites-vous bien que les Justice ne sont que les nouveaux Daft Punk. Même manager (Pedro Winter) et donc mêmes procédés. Jetez un petit coup d'oeil à ce lien : Reprises & Samples
Nous voilà sombrant dans un monde musical très bizarre où des musiciens acquièrent une notoriété et une crédibilité en produisant une musique créée par d'autres, que le plus grand nombre achète et vénère sans se poser de question. Un monde aussi où des musiciens acquièrent une notoriété et une crédibilité sans avoir sortis un seul album. Juste en laissant quelques sons arrangés sur une page myspace. Juste en développant un univers visuel très puissant. Aujourd'hui, les soirées ne sont plus animées par des djs mais par des groupes électro. Les soirées sont composées de dj sets, mais elles s'appeleront bientôt concert de djs. Célébration de la musique électronique de supermarché.
"Ce n'est pas trop dur d'être aussi jolie? Sans arrêt se faire brancher par des gros lourds qui 2 minutes plus tôt tentaient leur chance avec la fille à deux pas de là. Quel toupet. Un peu de simplicité et de sincérité dans l'approche. Qu'en penses-tu?"
Quand quelque part, mon flair intercepte le parfum d'une des femmes de ma vie, c'est comme si je prenais une batte de baseball dans la mâchoire. L'empreinte olfactive me percute violemment au détour d'un couloir de métro, au mileu de la foule, dans un magasin. Je me mets à l'arrêt, une patte levée, la truffe au vent.
"Le retour du perçu se fait avec la passion de cette fois là." S. Freud
Qui ne s'est jamais promené un samedi après-midi dans le triangle Colette-Opéra-Palais Royal, ne comprendra pas ce sujet. Dans ce royaume merveilleux sévit un mal terrible : la mythomanie textile. On est là pour montrer sa dernière tenue, on est là pour participer au concour du plus gros sac, on est là pour le rodage de sa dernière paire de Marc Jacobs, on est là pour rouler en vélo en costume trois pièces. Insupportablement branché. On s'habille comme si on voulait se convaincre que l'on est un acteur essentiel de la mode ou pire encore, un précurseur.
Malheureusement, le milieu de la mode est très radin, donc en dehors des cadres dirigeants des maisons de luxe (qui eux sont en costume) et des quelques directeurs artistique (qui se comptent sur les doigts d'une main), tous les autres sont très mal payés. En tout cas pas assez pour s'acheter toutes les semaines un pantalon Dior, une paire de Manolo Blahnik ou une veste Helmut Lang. On est un acteur de la mode mais on doit se contenter des fins de série, du vintage ou du neuf à prix réduit en économisant plusieurs mois. Tu créés des fringues que seules ces connasses de mannequins ont les moyens ou les mensurations de porter, alors que toi, avec toute la bonne volonté du monde, tu ressembles assez à un sac. L'ingratitude et le paradoxe du milieu de la mode se lisent sur le visage antipathique des putes à frange, trentenaires Roitfeldisée, cendriers de luxe montés sur escarpins ou sur celui des gays exaltés dont le sac à main et les manières battent bientôt ceux des femmes. Mais peu importe, quand on est l'assistante de l'assistant de l'un des attachés de presse de chez Yves Saint-Laurent, on a quand même la grosse tête. On peut légitimement se balader rue Saint-Honoré avec des lunettes de soleil en arborant le parfait air arrogant de la modasse un peu entrainée. Quand on est le japonais over stylé, la vie n'est pas facile. On a beau être le plus créatif, on sait déjà qu'on restera toujours un assistant. Avez-vous déjà vu une marque vendre en Asie tout en ayant un asiatique comme directeur artistique? Prenez le site Face Hunter, regardez et dites moi ce que font dans la vie tous ces gens. A part réflechir toute la semaine à la façon dont ils vont s'habiller le week-end pour se faire remarquer, je ne vois pas.
En ce moment, c'est la fashion week. Alors, samedi, l'ambiance était encore plus puante que d'habitude. J'ai eu envie d'attraper une fourrure polaire, un Frison-Roche et de partir dans les Alpes. Je le ferai sans doute un jour, avant de commettre l'irréparable.