lundi 30 avril 2007

ENFIN

Puis il a plu.

Pour de vrai. Le calme, enfin, malgré le tonnerre et le bruit de l'eau qui nous heurte à 10 km/h. Une douche totale pour nous dire de la fermer un peu. Alors les rats sont rentrés chez eux, dégoulinants. Quelques uns sont restés sous un abri bus, blottis farouchement les uns contre les autres. Emouvant comment bourgeois et ouvriers sont exceptionnellement prêts à partager 1 m² pour fuir un peu d'eau fraîche. La pluie est comme le foot, elle fédère. Mais en mieux car en silence. Et ça c'est important.

Un petit coup de Karcher non discriminatoire.

Musique : Von Spar, Dog machine.


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vendredi 27 avril 2007

TA LANGUE S'AGITE DANS MA BOUCHE

Bon week-end.


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jeudi 26 avril 2007

DE LA JAMBE VOLUME 8 : L'INCONNUE DE MARIE CLAIRE

Pauvre de moi. Quelle idée j'ai eu de parcourir le Marie-Claire qui trainait chez ma soeur...

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mercredi 25 avril 2007

SUPERHEROS

Dans le carré VIP du métro ligne 8, se joue le match 3x3 du matin. Y accéder, c'est déjà un peu gagner, car échapper aux bestiaux à la sudation avancée. Tous les matins, je suis de la partie, car en bon parisien, je sais exactement à quel niveau du quai la porte du métro va s'arrêter. A l'ergot de la bande podotactile près.

J'ai donc ma place assise, narguant ceux qui ne l'ont pas et que le surplus évident de vêtements va faire transpirer dans environ 30 secondes, juste le temps d'arriver à la prochaine station, celle où justement 0,1% de la population parisienne entre en même temps dans une pauvre rame déjà surchargée. Je souris et me détends ostentatoirement.

Avec moi, d'autres super héros. A gauche, Lex Lutor. 30 ans, en costume mais crâne rasé et avec le ipod qui doit forcément être bourré de bon son vu comme il bouge la tête pour le montrer. Monsieur s'excite sur un poignet de force en même temps. On a peur. Là, je me dis que je tiens vraiment une belle pièce. Un modèle de collection. A droite, boubouline encore assoupie. Je sens sa graisse brulante contre mon tricep. Là, je me dis que la RATP devrait faire payer deux cartes orange aux obèses, ça serait la moindre des choses. En face, un tiercé gagnant de greluches façon 15ème, genre je suis pas trop moche, pas trop mal habillée mais quand même loin d'avoir du goût. Là, je me dis que j'ai beau être un super héros, tout ça est complètement insupportable et j'ai bien hâte d'arriver.

On a trouvé une nouvelle planète de type terrestre habitable. Avec un peu de chance on va pouvoir se délester un chouilla.

Musique : Arman Van Helden, NYC Beat, Emperor Machine rmx.


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mardi 24 avril 2007

13 ANS DE RABIOT

Mourir à 76 ans dans un pays ou la durée de vie est de 63, voilà ce que ça fait de boire de la vodka de qualité. Je dis bravo Boris. La meilleure vodka au monde semble être la Square One, elle est américaine. Personnellement, j'ai gouté à la Petrossian et elle est très bonne. Après, certains ne jurent que par la Zubrowka, la vodka polonaise à l'herbe de bison. Tout est une question de positionnement et de sensibilité, comme quand on choisit ses capotes chez Monoprix. Boris niquait les putes de luxe du Kremlin avec du matériel Durex.

Un homme de goût, définitivement.

Photo : Yuri Kadobnov.


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lundi 23 avril 2007

STUPEFIANTS CONTRE ANALGESIQUES, IL FAUT CHOISIR SON CAMP

A ma droite, Nicolas Sarkozy. Il a choisi la cocaïne.

Dans la Velsatis sombre qui l'amène à la salle Gaveau, il tape. Une de ses filles lui aura sans doute prêté quelques grammes, en bonne héritière reconnaissante. L'effet est immédiat, en sortant de la voiture, alors qu'il enfile sa veste, il est déjà prêt à monter sur scène. Son énergie et son enthousiasme sont extraordinairement communicatifs pour la profession. Son récital est parfait, un des plus grands moments musicaux depuis la réouverture de la salle. Le public exulte. Nicolas jouit littéralement.

A ma gauche, Ségolène Royale. Elle a choisi la morphine.

En fait, non, elle n'a pas choisi. Elle s'est évanouie vers 20h00. Alors, son équipe lui a administrée de la morphine par voie intraveineuse afin de l'apaiser. Calmer sa douleur de candidate qui réalise que finalement ce n'est pas qu'un jeu les élections. Maintenant, il faut assurer. Les effets arrivent lentement. Une heure plus tard, enfin, elle est prête à passer la porte au rideau bleu. Elle ne sait pas où elle est. Elle ne sent plus son corps. D'instinct, elle sait qu'elle doit rejoindre le pupitre avec les micros, mais c'est tout. Hypnotisée par le public, les flashs, les cris, la bête apeurée ne sait pas quoi faire, mais au moins, elle tient debout. Son système nerveux réagit finalement, elle commence à réciter, comme une bonne élève. Ségo le petit robot, l'ami d'Ulysse, va jusqu'au bout du discours, sans se tromper, la classe applaudit. Les muscles de son visage utilisent le peu de force qu'il leurs reste pour passer en mode sourire. Ségolène est soulagée.

Photo : Nadav Kander.


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dimanche 22 avril 2007

RING JACKER

Faire sonner le téléphone d'une connaissance qui se trouve au diner annuel du CRIF avec la sonnerie Maréchal, nous voilà ou faire sonner le mobile de papa pendant sa réunion au Medef avec une belle sonnerie polyphonique de L'Internationale. Voilà beaucoup de joie en perspective grâce à RING JACKER, le logiciel développé par Emotiv Communications dont vous aurez sans doute compris le principe. Créé au départ pour Skype, les créateurs semblent vouloir l'adapter pour les téléphones cellulaires.

J'ai hâte.


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PETIT COQUIN

Musique : Calvin HARRIS, Acceptable in the 80's.
Photo : Philippe WOJAZER

mercredi 18 avril 2007

STUPID WHORE

Je me souviens très bien.

Ce matin là, je m'étais levé plus tôt pour profiter de la petite houle d'été glassy qui déferlait à Bondi beach. J'avais décidé d'utiliser mon longboard et le transporter dans le bus à l'heure de pointe était impossible. 6:12 am. En avalant mes Ski Smoothies, j'allumais la radio. Le présentateur d'ABC Sydney ne tarda pas à annoncer la nouvelle :

Après seulement 15 minutes de concert, il s'écroule sur scène. Son corps entame une dance spasmique magnifiée par une éjaculation de vomi. La musique orpheline ne s'arrête pas. Voyant que rien ne relèvera le blouson et le chapeau, Miss Moss entre sur scène, titubante, ramasse le micro à la dérive dans une marre au pH extraordinaire, et laisse échapper quelques sons bizarres de sa bouche déformée. Sentant que la mélodie est définitivement impossible à suivre, elle entame un pogo solitaire, agitant membres, cheveux et clitoris. La foule, composée d'adolescents de 10 à 15 ans, adhére complètement, bruyamment, pitoyablement. Stimulée au plus haut point par les cris aigus des lolitas aux ongles rouges, Kate tombe à genoux, relève sa mini en cuir, envoie ses cheveux en arrière et introduit le micro dans sa chatte.

Une heure plus tard, le groupe fête avec quelques groupies ce qui est sans doute le plus beau concert de leur vie. La fille de l'ambassadeur d'Italie au Royaume-Uni, 12 ans, se fait un rail sur la bite du guitariste. Pete a retrouvé quelques forces, assez en tout cas pour s'emparer des clés de la voiture de Kate. La Midget déboule sur King's Cross road sans doute un peu trop vite, sans doute un peu trop de travers. Dans un simulacre de réflexe, Miss Moss lache sa clope, enfonce désespérement ses ongles dans le cuir du siège, puis s'envole, petit oiseau de verre. Doherty, les yeux fermés depuis quelques miles, n'a même pas l'occasion d'analyser les causes de sa mort. La douleur fulgurante et insupportable d'un crucifix métallique et d'un axe de volant encastrés dans le sternum.


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lundi 16 avril 2007

JE PRENDS TA BOUCHE SANS DEMANDER

Je règle mon pas sur le ballottement de la foule. Je me laisse porter par le bruit et la force mobile de cette tortue romaine qui aurait posé ses boucliers. Le glissement humain stoppe au bord de la chaussée. Mes yeux passent de rien, aux deux petits bonshommes lumineux prisonniers en haut du poteau. En tournant la tête, je tombe dans tes yeux. La foule disparait aussitôt. Je ne te connais pas, et pourtant nos yeux viennent d'aménager un espace d'intimité et de complicité inespéré en plein milieu d'une foule fumante et assourdissante. Sans réflechir, sans hésiter, je me penche en fermant les yeux et je t'embrasse. Nous sourions, nos yeux échangent encore quelques éclairs et la bête redémarre. Ta queue de cheval disparait quelques secondes plus tard.

Adieu alors.

Musique : Feist, Sealion, Chromeo rmx.


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A UNE CONTRADICTION PRES

Alors qu'en général, ça me démange plutôt pas mal de tambouriner les poings fermés sur la gueule de tous les mods, me voilà en terrasse à Montmartre toujours équipé de mes wayfarer. Après tout pourquoi pas, Al Bundy en portait aussi. J'ai appris qu'un horloger suisse allait proposer des montres fabriquées avec des pièces du Titanic. Prix d'appel : 7800 dollars baby. Tu crois qu'elles vont être étanches jusqu'à 3750 mètres? Parait aussi que les sabots en plastoc Cayman Crocs vont débarquer en France. En Australie, c'est à la mode depuis one year. J'en ai vu deux paires à Beaubourg ce week-end. Rien vu d'aussi laid depuis la vidéo du poney.

Je m'excuse au passage pour les rimes moisies qui donnent un semblant d'élégance littéraire à mes notes. Mais je vais continuer car je suis là pour m'amuser.


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mercredi 11 avril 2007

J'AI LE CERVEAU QUI FOND

Ombre portée, scintillement, robe légère, terrasse shangaïsée, voilà presque l'été. Devant moi, une bourgeoise en jupe engagée dans les marches, le mollet doré et gonflé, la tod's guillerette sentant encore le boat wash.

J'ai la bite en chou-fleur.

Rame fort mon grand, tes deltoïdes gonflés, tu porteras mieux la chemise en été. De l'Hermitage au Cabaret, deux niveaux de superficialité. Celui qui l'emporte est soit le plus musclé soit le mieux paré. Derrière mes wayfarer, mon dégoût est à peine dissimulé. Au final, il n'y aura que les dimanches café qui vont me manquer.

Photo : George Kavanagh.


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mardi 10 avril 2007

BROWN RECLUSE SPIDER

Un peu de body art aujourd'hui, avec la reine en la matière : l'araignée Brown Recluse. Visiblement installée dans l'Ohio (notez tout de suite : " Ne jamais aller dans l'Ohio"), elle est très douée. Elle transforme assez rapidement la partie de votre corps mordue en Orlan.

Elle ressemble à ça et quand elle vous choppe la main, ça donne ça...


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vendredi 6 avril 2007

ET POUR FINIR

Il vaut mieux être très bien habillé de la même façon deux jours de suite, que différemment mais très mal.

Musique : Young Lovers, Beastie Boys pre-dinner rmx.


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AUGUST SANDER

Une galerie photos de August Sander, le photographe qui, apparemment, a inspiré le Sartorialist.

C'est ici et c'est via le Sartorialist...


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mercredi 4 avril 2007

ROADRUNNER

Bib Bip est un grand géocoucou et Vil Coyote est un grand coyote. Vil Coyote court après Bip Bip. Après quoi court Bip Bip? Personnellement, je pense que Bip Bip court après une femelle géocoucou que l'on ne voit jamais car elle court très vite, plus vite que Bip Bip. C'est fréquent les femelles qui courent plus vite que les mâles. Petit, je courais très vite. Il n'y avait qu'Aurélie pour me battre et parfois Benjamin. Alors, en y réfléchissant, je pense que c'est Aurélie qui m'a rendu misogyne. En m'humiliant à la course à l'âge de huit ans. Un traumatisme inconscient développé sur un stade de foot, une fêlure discrète mais longue comme les quelques mètres qu'Aurélie prenait sur moi. De toutes mes forces mais impuissant, je voyais le petit cul d'Aurélie s'éloigner devant moi.

Reste à savoir si Bip Bip est un mâle. Je le trouve bien féminin.

Photo : Brian FINKE.


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