A ma droite, Nicolas Sarkozy. Il a choisi la cocaïne.

Dans la Velsatis sombre qui l'amène à la salle Gaveau, il tape. Une de ses filles lui aura sans doute prêté quelques grammes, en bonne héritière reconnaissante. L'effet est immédiat, en sortant de la voiture, alors qu'il enfile sa veste, il est déjà prêt à monter sur scène. Son énergie et son enthousiasme sont extraordinairement communicatifs pour la profession. Son récital est parfait, un des plus grands moments musicaux depuis la réouverture de la salle. Le public exulte. Nicolas jouit littéralement.

A ma gauche, Ségolène Royale. Elle a choisi la morphine.

En fait, non, elle n'a pas choisi. Elle s'est évanouie vers 20h00. Alors, son équipe lui a administrée de la morphine par voie intraveineuse afin de l'apaiser. Calmer sa douleur de candidate qui réalise que finalement ce n'est pas qu'un jeu les élections. Maintenant, il faut assurer. Les effets arrivent lentement. Une heure plus tard, enfin, elle est prête à passer la porte au rideau bleu. Elle ne sait pas où elle est. Elle ne sent plus son corps. D'instinct, elle sait qu'elle doit rejoindre le pupitre avec les micros, mais c'est tout. Hypnotisée par le public, les flashs, les cris, la bête apeurée ne sait pas quoi faire, mais au moins, elle tient debout. Son système nerveux réagit finalement, elle commence à réciter, comme une bonne élève. Ségo le petit robot, l'ami d'Ulysse, va jusqu'au bout du discours, sans se tromper, la classe applaudit. Les muscles de son visage utilisent le peu de force qu'il leurs reste pour passer en mode sourire. Ségolène est soulagée.

Photo : Nadav Kander.


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