mardi 26 juin 2007

L'ESPOIR D'UNE EVOLUTION

En terminale, j'ai changé de lycée et j'ai effectué ma rentrée en portant un t-shirt vert pomme sur lequel j'avais dessiné au feutre noir le logo d'une marque de Bodyboard australienne introuvable en France. Aujourd'hui, j'ai du mal à sortir de chez moi si j'estime être mal habillé.

Il y a 5 ans, Raphael ne sortait pas sans ses gants en cuir doublés, son poignard ou son nunchaku. Le 2 juillet prochain, il va se marier et se contente aujourd'hui d'un discret push-dagger.

Il y a 4 ans, Olivier frappait sur tout ce qui bouge dans les rues de Paris. Aujourd'hui, il est marié, vit à Boston où il est professeur de français et il est l'auteur d'un livre préfacé par Michel Onfray qui va bientôt sortir.

Au collège, Régis portait des texanes avec un jogging. Aujourd'hui, il va chercher ses baskets de collection jusqu'en Californie.

Il y a 5 ans, la fille de la voisine de mes parents était obèse et commençait à sortir avec un fat admirer local, taillé comme une allumette. Aujourd'hui, Béatrice est encore plus grosse que sa mère. Je crois qu'elle a même réussi à mettre bas.

A 14 ans, Laetitia Casta se faisait enfoncer par son agent, sans doute aussi agé que son père. Quelques années plus tard, elle devenait une des icônes de la mode dans le monde, un exemple que beaucoup de jeunes filles veulent suivre.

Le 25 février 1954, Jacques Fesch, fils d'un banquier belge, tue un policier après avoir raté un vol. Quelques heures plus tard, il devient subitement le détenu le plus mystique du monde, l'auteur de textes pieux et surtout l'exemple de rédemption qu'a choisi l'église catholique.

Dans sa vie, Cocteau était commandeur de la Légion d'Honneur, membre de l'Académie Mallarmé, de l'Académie allemande, de l'American Academy, de la Mark Twain Academy, président d'honneur du Festival du film de Cannes, président d'honneur de l'Association France-Hongrie, Président de l'Académie du jazz et de l'Académie du Disque. Jean Cocteau n'a jamais obtenu son baccalauréat.

Mêmes les seins de Salma Hayek enceinte de 7 mois ne sont pas aussi rebondissants que la vie d'un Homme. Nous serons tous quelque chose que nous ne pouvons même pas imaginer et c'est plutôt excitant.

Musique : Mark Ronson Ft. Lily Allen - Oh My God (Lake Remix).
Photo : moi, en 2000 je pense.


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dimanche 24 juin 2007

POP ROCKS

vendredi 22 juin 2007

MON PETIT CARNET DE BAISE

Quelle joie. Au milieu de vieux documents tels ma Vague Verte, mon BEPC et ma garantie SEGA MEGADRIVE, je tombe sur mon petit carnet de baise. Un petit carnet à spirales COUNTRY, 100 pages de 80 grammes chacune, papier à carreaux. Un X sur la couverture. Le principe attendrissant de ce manuel de bord de ma vie sexuelle naissante était de noter chaque fois que je faisais l'amour, la partenaire, la position utilisée, le lieu, la durée approximative (long/pas long), le plaisir obtenu (un, deux ou trois étoiles) ainsi que tout autre détail singulier.

Extraits :

20 novembre 2000 : Première date. Mon dépucelage. Je suis né en 1980, donc ceux qui feront le calcul très simple s'apercevront que la chanteuse Bibie serait fière de moi. Une défloration trois étoiles semble-t-il, que mes souvenirs confirment. L'intérêt ici est la mention Chez sa soeur, canapé qui augure d'un petit côté BTT, bite-tout-terrain, fort prometteur. Position pratiquée : l'amazone. Ben ouai, ça s'est fait comme ça, en suivant une logique de l'empilement évidente ce soir là.

Nuit du 1 ou 2 décembre 2000 : Premier combo, évalué à deux étoiles. Levrette puis amazone. Lieu : AT HOME, façon NBA, match à domicile, les Knicks reçoivent les Lakers au Madison Square Garden.

Les dates disparaissent ensuite, on passe à une numérotation classique.

Rapport #8 : Missionnaire écraseur. Trois étoiles. Le nom de la position laisse à désirer, j'avais donc ajouté un petit dessin que voici :

Rapport #11 : Côté. Deux étoiles. "ça glisse top".

Rapport # 14 : Missionnaire. Une étoile. "Je lui fais mal, donc final en amazone".

Rapport # 15 : "Première fellation de son initiative".

Rapport # 18 : Côté puis missionnaire. Quatre étoiles. "Longtemps!!"

Rapport # 21 : Levrette / missionnaire / amazone / reverse (?) / pipe. Deux étoiles.

Rapport # 27 : Levrette debout. Deux étoiles. "Salle de bain".

Ce carnet, impossible à tenir sur la durée, s'arrête au rapport # 32.


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mardi 19 juin 2007

CE MOMENT

Parait qu'il y a de la cocaine et de la marijuana dans l'air de Rome. C'est très concentré au dessus de l'université de La Sapienza. Les italiens sont de gros toxicos et alors? Au moins ils sont plus simpatico que nous.

Mon grand père maternel aussi est toxico. En tout cas, il en a les symptômes. Il débloque un peu. Je l'ai appelé il y a deux semaines. On s'entend très bien, on rit pas mal, on parle de cul, on se taquine. Mais quelques jours plus tard, il ne sait plus qui je suis. Il dit à ma mère qu'il y a un jeune qui l'appelle souvent, avec qui il s'entend bien. Un neveu lointain de ma mère, avec les cheveux un peu longs. Mais c'est pas grâve tout ça. Il y a bien des ex qui m'oublient, après tout ce que je leur ai fait, en bien ou en mal. Et ça ne choque personne. Pourquoi mon grand-père n'aurait pas le droit d'oublier quelques trucs? Par exemple, qu'il m'a raconté déjà 20 fois comment, étant jeune, il avait dépucelé une fille sur les bords enneigés d'un canal? Le principal, c'est qu'il n'oublie pas l'acte en lui même. Qu'il garde bien en lui tous ses souvenirs. La brulante douceur après la morsure froide de la neige, les cris étouffés dans le brouillard, sa mère qui découvre le sang sur le manteau. Sa femme risque de mourir dans les jours à venir, mais jamais son cerveau fragilisé n'écrasera le fichier contenant leurs souvenirs communs. Ce n'est pas parce que le lecteur ne marche plus qu'il n'y a pas de back up. Ce n'est pas parce qu'on le montre pas que les gens ne nous manquent pas. Ce n'est pas parce qu'on ne peut plus le montrer que les gens ne nous manquent pas.

A la fin, il n'y a plus que les souvenirs. Et même un peu emmêlés, c'est tout ce qu'on a. Quoiqu'il arrive entre nous, n'oublie jamais ce moment.


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lundi 18 juin 2007

JE CROIS QU'ON Y EST

On conduit en débardeur échancré ou même torse nu. Avoir une smart roadster semble être la consécration d'une vie. Pas vu de slims depuis plus de 12 heures. Les gens ont développés une coolitude/nonchalance étrange qui semble figer le paysage urbain et rend la circulation ultra cahotique. Et puis les filles sont moins belles...

Me voilà rentré.

Musique : Frankie Valli, Beggin', Pilooski Edit.


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jeudi 14 juin 2007

NOUS VIVONS DANS DES CHIOTTES TURQUES

Pays de moins que rien, ville de sous larves dégénerées. Société amputée de tout service dans laquelle tu t'excuses de refuser une pièce à un clochard, tu t'excuses de demander la carte des vins, tu t'excuses de ne pas trop apprécier l'ongle dans ta salade au restaurant, tu t'excuses de demander du pain à la boulangerie, tu t'excuses de ne pas supporter la fumée de cigarette, tu t'excuses d'appeler un agent EDF parce que tu veux régler ta facture, tu t'excuses de demander au taxi d'aller si loin, tu t'excuses et tu négocies en vain avec un débile profond dont la mère a dû s'accoupler avec un cheval au fin fond d'une ferme du nord parce que les étiquettes sur ton sac ne sont pas estampillées SNCF alors que tu payes un service qui devrait être gratuit, tu t'excuses parce que tu descends quelques objets dans la rue car tu déménages. Tu as prévenu la mairie car tu es civilisé ou simplement traumatisé par toutes ces procédures et ces menaces qui planent au dessus de toi. Tu es un voyou de la pire espèce, tu souilles nos si belles rues avec un meuble alors que ces chiens frottent leurs culs merdeux toutes les 6 heures devant ta porte. Tu n'as pas le temps de déposer une deuxième chaise que déjà la première a été prise par quelques voleurs refoulés, petites gens aigris guettant toute la journée le moindre mouvement. Tu en prends une la main dans le sac, en train de confisquer ton panier de linge sale en plastique imprégné de l'odeur nauséabonde de 5 ans de chaussettes et qui ne doit couter que quelques malheureux euros dans n'importe quel "Paris-Affaires". Vexée d'être découverte, la voilà singeant la concierge qui ne veut rien devant sa façade et qui transfère tes affaires dans son contenair. Mais biensûr. Fille d'une truie et d'un bouquetin, élevée dans un camp de gitans consanguins, nourrie à la levure animale transgénique et au tube cathodique, ta moustache n'a d'égale que la cellulite de tes bras dégoulinant de graisse. Même un échappé d'une prison afghane ne voudrait pas de toi. Tu es l'avatar de la répugnance sur terre, ta propre fille ne doit plus oser te toucher.


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lundi 11 juin 2007

AU REVOIR PARIS

A Paris, quand le bas de mon dos commence à être humide parce que j'ai déplacé un Tretra Pak, ça veut dire que l'été est arrivé. Beaucoup pensent que c'est la meilleure saison ici. Je crois qu'il faut être originaire de Roubaix ou d'Arnarstapi pour réellement le penser. Quand on sait ce qu'il se passe à la même saison en province, on prend ses affaires et on se casse.

Cette fois, je prends toutes mes affaires. 6 cartons et 5 sacs de voyage de 40 kg chacun. Le reste du contenu de mon appart est vendu, jeté ou stocké dans une cave du 15ème. Un aller simple pour Aix en Provence, escale obligée avant OZ.

Une grosse année de liberté pour méditer.

Musique : HelloGoodbye, Here (Young Americans rmx).


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mardi 5 juin 2007

DEFENSE DU GEEK

On a tous un geek dans son entourage. Celui qui vit pour et par son ordinateur. Celui qui vous raconte qu'il a passé un bon week-end parce qu'il a trouvé le coffre avec l'épée magique dans la forêt du dragon noir. Le mec obsédé par son jeu vidéo, un peu coupé de la vie réelle, le cheveux entretenu à la vierge extra de Puget, les pellicules entassées sur son tee-shirt noir world of warcraft, qui lit plus facilement une page de code html que la carte d'un restaurant... Vous voyez de qui je parle. Je sais qu'il y en a parmi vous.

Passé l'angoisse de la découverte, le geek se révèle être un personnage sympathique. Sa passion pour l'informatique est si puissante qu'il arrive presque à capter votre attention quand il parle de Linux, de CVS, de balise html, de ghoster les machines 3 et 5 etc. Enrichissant sur la durée, car même en ne comprenant et retenant que 0,02% de ce qu'il dit, vous apprenez des choses sur votre ordinateur.

Le geek est un personnage relativement discret et à l'agressivité quasiment nulle, car reportée sur les trolls ou les orcs. Et ça j'aime beaucoup. Les gens introvertis ne sont certes pas les plus attirants, mais restent de loin les plus intéressants. Ils sont dans leur monde mais au moins ils ne font pas chier.

Le grand chef geek est un adolescent pâlichon à grosses lunettes devenu un milliardaire moins pâle et à lunettes moins volumineuses. Vu la place de l'informatique dans notre vie, l'avenir laisse présager qu'au plus vous maîtriserez un ordinateur au plus vous serez riche et puissant. Joli retournement de situation pour des gens plutôt rejetés à la base. Donc ménagez vos geeks, car bientôt, s'ils ne se laissent pas perturber par une elfe, ils seront vos souverains. Et ce n'est pas plus mal, car leur capacité de gestion et leur discernement me semblent bien plus intéressants que ceux de n'importe quel saoudien driftant dans le désert avec une voiture à 200 000 dollars ou n'importe quel vendeur d'armes américain...

La tête sur les épaules donc, mais également la bite maintenue hors du cerveau. Car plutôt que d'épouser une ex-prostituée (je devrais plutôt dire ex-femme de footballeur), les voilà convolant avec madame tout le monde, miss insignifiance ou mademoiselle je ne t'avais pas vu. Tel Sergey Brin, tombé amoureux de la soeur de sa proprio lorsqu'il ébauchait Google dans un garage, et qui malgré les quelques milliards amassés depuis, vient quand même de l'épouser...

Je trouve ça beau. Et vendredi, quand je vais quitter mes geeks, ils vont me manquer.

Photo : Mark Richards.


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