Quelle joie, voici la ville de Paris équipée de vélos de location. J'y étais! le jour de ce lancement historique qui parait-il devrait assurer la réélection de Bertrand Delanoë. Vélib, le vélo libre, le nouveau jouet à la mode des classes moyennes et de quelques touristes curieux et courageux. Révolution écologique, évolution des meurs, transformation des habitudes urbaines, éloge de la non possession, musculation collective... Que du bonheur en perspective.

Enfin, presque.

J'ai pris plusieurs fois le taxi pendant mon petit séjour à Paris et pour passer le temps je leurs ai demandé : "que pensez-vous du Vélib?" Réponse unanime : "quelle merde!" Et oui, l'appréhension de rouler sur la tête d'un utilisateur de Vélib semble être assez forte chez les chauffeurs de taxi. Et ce ne sont pas les chauffeurs de bus qui vont les contredire. Avec 10 648 vélos confiés à n'importe qui, les urgentistes risquent de ne pas beaucoup se reposer. Surtout que le Vélib pèse 22 kg et que les trois pauvres vitesses qu'il possède ne suffiront pas à en faciliter l'usage.

Mais surtout, vous qui n'osez pas toucher la barre dans le métro, vous qui ne pouvez partager le goulot d'une bouteille, serez-vous capables de vous agripper aux belles poignets en caoutchouc noir au relief si propice à la rétention de microbes? Utiliser le Vélib après environ 35 personnes par forte chaleur doit être tellement délicieux... Utiliser le Vélib après Michel qui adore se mettre un doigt dans le nez à chaque feu rouge doit être si plaisant... Utiliser le Vélib après Sophie, qui aime bien se masturber rapidement avant de sortir de chez elle, doit être si jouissif...

Bonne route.


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